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On a croqué les plus belles dans leur peau, savouré crues les plus rondes, les plus colorées, avec cette impatience accrochée aux fleurs du printemps.

On a pelé et compoté les plus matures, dans de délicieux arômes de gingembre et de sucre roux. On a même tenté quelques noces chatoyantes avec les baies du jardin. Fusion carminée de la suavité de la reinette blonde et de l’acidité du cassis.

Et puis l’hiver est venu sur des clayettes désertées. Seules sont restées, rescapées de nos élans gourmands, quelques fruits un peu … différents. De ces fruits qu’on ne trouvera jamais sous les néons fallacieux des supermarchés. On les capture du bout des doigts, on réprime un sourire, on les tourne dans les paumes, on les retourne, on les palpe précautionneusement … et on les remet en place en s’excusant presque du dérangement, dans un embarras honteux.

Il en va des pommes comme des humains dans l’appréciation de la singularité.